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CLINIQUEMENT VÔTRE

CLINIQUEMENT VÔTRE

LA CONNAISSANCE DE SOI POUR PRENDRE SOIN

Résumé

Les réformes de soins de santé génèrent un contexte perpétuel et inévitable de défis liés à la complexité grandissante des soins (AIIC, 2015). Ce contexte soulève l’importance de l’exercice optimal des compétences infirmières afin d’assurer la qualité et sécurité des soins dans le système de santé (AIIC, 2015). En situation de réforme, l’intelligence émotionnelle (Goleman, Boyatzis et McKee, 2002) pourrait soutenir les compétences infirmières (Cummings et al., 2010 ; Smith et al., 2009). Alors que plusieurs modèles et programmes de formation soutiennent l’optimisation des compétences professionnelles grâce au développement de l’intelligence émotionnelle, le modèle de l’Ennéagramme tend à se démarquer comme une avenue prometteuse (Ball, 2009 ; Desmarais et Fréchette, 2018 ; Kim et Cho Chung, 2015 ; Reny et Desmarais, 2018 ; Shin 2016 ; Son, 2012). L’Ennéagramme est un modèle dynamique de personnalité favorisant la connaissance de soi et la compréhension des autres (Riso et Hudson, 1999). Sa pertinence a été soulevée à l’égard de l’optimisation des compétences infirmières : le leadership, le soutien aux apprentissages, l’agir avec humanisme auprès des patients et la collaboration interprofessionnelle (Desmarais, 2017). Également, il pourrait aider les infirmières et infirmiers à mieux comprendre leurs émotions et leur motivation au travail dans des contextes hautement difficiles (Desmarais, 2017). Malgré que l’Ennéagramme nécessite davantage d’études en sciences infirmières pour en comprendre les réels impacts sur les compétences et la santé mentale (Desmarais, 2017), ses apports en milieu de travail ont été documentés dans d’autres disciplines, dont la gestion (Bland, 2010 ; Chestnut, 2017 ; Delvo, 2015 ; Lapid-Bogda, 2010), l’éducation (Bland, 2010 ; Luckcock, 2010), le travail social (Bland, 2010), la psychothérapie (Bland, 2010) et la médecine (Komasi, Soroush, Nazeie, Saeidi et Zakiei, 2016). Davantage d’études seront nécessaires pour comprendre les forces et les limites de l’utilisation de l’Ennéagramme dans le domaine de la santé.

Michèle Desmarais, inf., M. Sc.
Infirmière clinicienne spécialisée

LA PRÉVENTION ET LA GESTION DES CONDUITES SUICIDAIRES EN MILIEU HOSPITALIER, UNE APPROCHE POUR MIEUX PRENDRE SOIN DES USAGERS

Résumé

Au Canada, le Québec est la cinquième province avec le taux de suicide le plus élevé. En 2016, il y a eu 7 suicides chez les 10-14 ans, 31 chez les 15-19 ans, 171 chez les 20-34 ans, 286 chez les 35-49 ans, 366 chez les 50-64 ans et, finalement,185 chez les 65 ans et plus. En 2016, dans la région des Laurentides, il y a eu 80 décès par suicide et 58 dans la région de Lanaudière.

Le suicide préoccupe, et l’infirmière de tous les secteurs d’activités doit demeurer vigilante. Son rôle dans la détection, le dépistage et l’évaluation du risque suicidaire est central. Elle est aux premières loges lorsqu’il s’agit d’effectuer ces activités et de mettre en place les surveillances et les interventions thérapeutiques et sécuritaires associées.

Soucieuse de soutenir les infirmières et infirmiers du milieu hospitalier dans l’application de cette responsabilité, l’Association québécoise des infirmières et infirmiers en santé mentale (AQIISM) a créé à leur intention une formation adaptée. Plusieurs outils basés sur les données probantes ont été élaborés et sauront contribuer à la bonification de leur démarche clinique lors de l’évaluation du risque suicidaire. Cette formation qui vise l’harmonisation de la pratique induit l’approche interdisciplinaire et collaborative avec le client et sa famille, ainsi qu’avec les partenaires de la première ligne.

Puisque les travaux de l’AQIISM se déploient graduellement à la grandeur du Québec il est souhaité qu’à la fin de la présentation, l’infirmière comprenne le rôle capital de l’évaluation de la condition physique et mentale, qu’elle soit sensibilisée à la Grille d’évaluation du risque suicidaire et qu’elle puisse repérer des éléments d’amélioration de sa pratique pour mieux détecter, dépister et évaluer le risque suicidaire en milieu hospitalier.

Prendre soin, pour l’infirmière et l’infirmier, c’est non seulement se soucier de la santé physique de l’usager, mais aussi s’enquérir de sa santé mentale, afin de contribuer à la prévention et la gestion des conduites suicidaires, et ce, dans tous les milieux de soins.

Carole Cordeau, inf., B. Sc.
Conseillère-cadre - CISSS des Laurentides

et

Josée Coderre, inf., M. Sc.
Conseillère-cadre - CISSS de Lanaudière

OÙ SE SITUE L’APPORT DE L’INFIRMIÈRE DANS LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ?

Résumé

Les changements climatiques modifient de nombreux écosystèmes et affectent ensuite différentes populations à plusieurs niveaux (Séguin et Berry, 2008). Le milieu de la santé doit maintenant se sensibiliser à l’impact qu’auront les changements climatiques sur notre pratique. Déjà en 2008, l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) produisait un document « L’environnement et la santé - Une entrée en matière pour les infirmières et infirmiers ». Connaissez-vous concrètement l’impact des changements climatiques sur la santé? Quel est le rôle de la profession infirmière sur la santé environnementale? Tous concernés par ces enjeux, nous devons être en mesure de prendre soin différemment de la population pour répondre à ses besoins tout en considérant que nous sommes à l’heure des changements afin de ralentir les changements climatiques un geste à la fois. En ce sens, nous présenterons quelques impacts des changements climatiques et nous proposerons des stratégies pour adapter la pratique infirmière dans trois volets de la profession, soit la pratique clinique, l’enseignement et la recherche, ainsi que la gestion. À la suite de cette présentation, les objectifs qui seront réalisés sont les suivants : Nommer des impacts de changements climatiques sur la santé, nommer des pistes de solution pouvant être mises en place dans le milieu de la santé, nommer des pistes de solutions concrètes à accomplir par l’infirmière.

Frédérique Dontigny, inf., B. Sc.
Infirmière clinicienne en santé mentale adulte CISSS de Lanaudière

et

David Rivest, inf., B. Sc.
Infirmier clinicien à l’urgence CISSS de Lanaudière

PRENDRE SOIN DIFFÉREMMENT

Résumé

Prendre soin différemment a pour premier objectif d’adopter une attitude d’ouverture. Il faut prendre le temps d’écouter les gens, de comprendre leur culture, leurs valeurs et, parfois, tout simplement leur signifier notre disponibilité. Le regard, le toucher, l’écoute, ou même l’utilisation du mime peuvent faire la différence. Il ne faut pas avoir peur de communiquer avec des gens de cultures différentes. La langue n’est pas la seule chose qui permet d’établir un contact et d’aider. Chaque individu doit prendre conscience de ses préjugés et éviter de poser des étiquettes culturelles. L’être humain est unique, et ce, dans chaque culture. Il faut apprendre à se décentrer et prendre le temps de bien saisir les défis de l’immigration. Il faut être conscient de ses propres valeurs afin de mieux reconnaître ses limites. Un objectif primordial serait aussi de favoriser la formation interculturelle pour les professionnels de la santé et des services sociaux et, ainsi, acquérir les connaissances sur diverses cultures. Il est important d’innover et de développer de nouvelles stratégies d’intervention ainsi qu’une approche plus collaborative avec les gens. Nous devons éviter de leur imposer notre façon de faire, notre vision et plutôt utiliser leurs connaissances et leurs forces. Nos interventions doivent correspondre à leurs valeurs et leurs besoins. Le fait d’être ouvert, de prendre conscience de ses propres valeurs et préjugés et de rendre accessibles des formations interculturelles pour les professionnels favorise une meilleure intégration de ces personnes dans la société. Cette approche contribuera à assurer la proximité entre les professionnels et les patients réfugiés, ce qui améliorera la continuité des soins et la communication.

Audrey Lamarre, inf., B. Sc.
Infirmière clinicienne et DESS en santé mondiale
CISSS de Lanaudière

PRENDRE SOIN… ET SI NOUS PARLIONS DE BIENTRAITANCE POUR PRÉVENIR LA MALTRAITANCE 

Résumé

Des aînés que l’on réveille à cinq heures le matin pour les faire déjeuner avant le quart de travail de jour, d’autres à qui l’on administre des somnifères trop tôt dans la soirée, ou qui vivent de l’humiliation, des menaces, du rejet, de l’indifférence, de la privation de confort ou de sécurité, de la non-assistance à l’hygiène ou de l’isolement social… La maltraitance envers les aînés ou les personnes en situation de vulnérabilité peut prendre toute sorte de formes et elle trouve malheureusement sa place dans différents secteurs, tant dans les soins de longue durée qu’au domicile des personnes visées. La bientraitance, quant à elle, vise le bien-être, le respect de la dignité, l’épanouissement, l’estime de soi, l’inclusion et la sécurité. Elle s’exprime par des attentions, des attitudes, des actions et des pratiques respectueuses des valeurs, de la culture, des croyances, du parcours de vie, de la singularité et des droits et libertés de la personne aînée ou vulnérable. Dans la foulée des mesures découlant de la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, en vigueur depuis le 30 mai 2017, les établissements avaient le devoir de se doter d’une politique pour contrer la maltraitance et garantir la sécurité, le bien-être ainsi que la qualité des soins et des services offerts aux résidents en longue durée et aux personnes en situation de vulnérabilité. Aussi, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a présenté en mai 2016 son point de vue au Secrétariat aux aînés du ministère de la Famille précédant l’élaboration du Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2017-2022 et souscrit fortement au concept de bientraitance. Celui-ci rejoint les valeurs phares de la profession infirmière que sont l’intégrité, le respect de la personne, l’autonomie professionnelle, la compétence professionnelle, l’excellence des soins, la collaboration professionnelle et l’humanité. Comment les infirmières et infirmiers peuvent-ils concilier leurs soucis de prendre soin avec bienveillance avec des horaires serrés, des ressources manquantes ou insuffisamment formées et une continuité de soins laborieux. Ces thèmes seront abordés afin que soient mises de l’avant des conditions favorables pour prendre soin selon les principes de bientraitance.

Marie-Josée Boulianne, inf., M. Sc.
Commissaire aux plaintes et à la qualité des services
CISSS des Laurentides

QUAND PRENDRE SOIN DE L’AUTRE, C’EST AUSSI PRENDRE SOIN DE SOI : UN CAS TYPE AVEC LE GROUPE DE DEUIL « LA BALLE DE LAINE ».

Résumé

Nombre d’infirmières rapportent que les histoires des familles font bien souvent écho à leur histoire personnelle. Impliquées dans des drames familiaux, elles sont donc susceptibles de vivre toute sorte de réactions et d’émotions dans le cadre de leur rôle professionnel. À première vue, leur réflexe pourrait être de créer une distance entre elles et les familles. Recension. Or, depuis quelques années, la littérature mentionne plusieurs réactions chez ces professionnels de la santé. La fatigue et l’usure de compassion apparaissent comme de nouveaux concepts dans certaines études scientifiques portant sur le bien-être des professionnels. Malgré le désir de se protéger, de mettre ses limites, ceux-ci doivent faire face aux besoins des familles. Le besoin de se sentir soutenu, écouté, reconnu. Comment soigner et être là pour les autres tout en étant présent et là pour soi-même ? Comment écouter la souffrance des autres en portant une attention toute particulière à soi-même ? Objectifs. Cet atelier thématique vise à comprendre le sens et l’utilité du récit des familles, réfléchir à ce qui touche le personnel infirmier au contact de ces histoires et, finalement, déterminer des stratégies pour accueillir les récits touchants en vue de prendre soin de soi dans différents contextes de souffrance. Résultats. Plusieurs projets menés dans les dernières années ont permis de réfléchir à ces questions, dont la création toute récente d’un groupe de soutien intitulé « La balle de laine » destiné à accompagner des parents qui vivent le décès de leur enfant. Par l’entremise des récits entendus par ces familles endeuillées, il s’agit de voir comment prendre soin de soi. L’image d’une balle de laine évoque ce travail sur soi, nécessaire et utile pour tout le monde. Au final, il sera question de revisiter les stratégies liées à la distance, l’écoute et l’empathie.

Chantal Verdon, inf. Ph. D.
Professeure agrégée
Département des sciences infirmières
Université du Québec en Outaouais/Campus de Saint-Jérôme

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