-A +A
Partager sur Facebook
TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

Le choix de poursuivre des études universitaires : point de vue d'une jeune infirmière

Sophie Richard
Sophie Richard

La formation universitaire de premier cycle obligatoire pour les infirmières est un sujet d'actualité qui suscite de nombreux débats dans la société. Ce sujet médiatisé peut inciter l'infirmière à réfléchir quant à la pertinence et à la motivation de poursuivre des études universitaires. Dans le texte qui suit, il sera question du choix de poursuivre des études universitaires en sciences infirmières. Il sera également question de l'influence et des apports constructifs de ces études dans la pratique infirmière, plus précisément dans le domaine de la santé mentale chez les adolescents.

Les principales motivations pour poursuivre des études universitaires sont notamment l'acquisition de nouvelles connaissances et le besoin d'accomplissement personnel. Quand on œuvre dans le milieu de la santé mentale chez les jeunes, on fait quotidiennement face à des cas cliniques très complexes, par exemple la schizophrénie réfractaire, ou encore à des troubles anxieux graves. Ces jeunes présentent, dans la plupart des cas, diverses problématiques physiques et psychosociales bien particulières. Pour cette raison, le fait de poursuivre des études universitaires est bénéfique pour mieux intervenir et coordonner les soins offerts à la personne et à sa famille, dans un contexte de complexité des soins, tout en travaillant étroitement avec l'équipe multidisciplinaire. Le fait d'être mieux outillé augmente le sentiment de compétence chez l'infirmière.

Le choix d'ajouter quelques années d'études permet aussi de développer les compétences nécessaires pour mieux composer avec le rôle d'infirmière en pédopsychiatrie, qui exige des connaissances approfondies des troubles mentaux et des traitements, afin de mieux évaluer et adapter ses interventions éducatives. Aussi, les études universitaires proposent une façon différente de voir les situations et favorisent une ouverture d'esprit, une qualité essentielle chez l'infirmière en santé mentale. La poursuite de ces études a pour but de maximiser le plein potentiel professionnel.

Un autre aspect intéressant est l'ouverture quant aux choix de carrières dans la profession infirmière. De nombreux postes en santé mentale et en santé communautaire exigent dorénavant un diplôme universitaire. Ces études offrent donc une plus grande diversité quant aux opportunités d'emploi et permettent ainsi un plus grand épanouissement professionnel.

Les études universitaires permettront de raffiner la qualité des soins et d'optimiser l'évaluation  en basant la pratique sur des connaissances et des modèles conceptuels issus de la recherche. Le fait de posséder de solides bases scientifiques aidera à mieux évaluer la clientèle aux prises avec diverses problématiques de santé (physique et mentale), en ayant un jugement clinique plus approfondi, fondé sur des savoirs scientifiques et théoriques. Comme l'infirmière en pédopsychiatrie travaille en étroite collaboration avec divers professionnels de la santé, le fait de posséder des connaissances plus poussées permettra de partager les expertises du domaine infirmier et de dresser des portraits plus justes de diverses situations de santé. La formation universitaire visera également à acquérir des habiletés et valeurs, influençant ainsi la pratique auprès de la clientèle. En approfondissant ses connaissances, l'infirmière arrivera à développer son autonomie et à affiner son jugement clinique, ce qui la mènera à fonctionner de façon plus efficace auprès de la clientèle. D'ailleurs, elle contribuera au développement et à l'amélioration de la qualité des soins en s'appuyant sur des fondements scientifiques. Selon Fortinash et Holoday Worret (2013), l'infirmière en santé mentale ayant une formation universitaire peut collaborer à la recherche ainsi qu'à la diffusion des connaissances. Bref, le fait de posséder de solides bases quant aux savoirs et au partage des connaissances permettra de mieux intervenir auprès de la clientèle aux prises avec diverses problématiques de santé.

Le baccalauréat en sciences infirmières n'est pas encore obligatoire, mais il demeure un atout dans la pratique professionnelle et permet l'avancement de la profession. Il contribue également à l'enrichissement des savoirs et au partage des connaissances. Il serait d'ailleurs intéressant d'évaluer les impacts concrets sur la pratique, par exemple l'amélioration du jugement critique, ainsi que l'atteinte d'objectifs personnels, lorsque le baccalauréat en sciences infirmières aura été complété. Une étude approfondie quant aux impacts des études universitaires sur la pratique infirmière pourrait être d'intérêt dans le contexte actuel, où un avancement de la profession est visé.

Sophie Richard

Infirmière inscrite au programme DEC-BAC depuis janvier 2014

Référence

Fortinash, K. M., et Holoday Worret, P. A. (2013). Soins infirmiers : santé mentale et psychiatrie. Montréal (Québec), Chenelière Éducation.

Recherche

Mots clés

TD