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ACTUALITÉS RÉGIONALES

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Les ressources communautaires en dépendance : mieux s’outiller pour mieux orienter 

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les personnes qui consomment des substances rapportent une augmentation de la peur, de l’anxiété, de l’isolement et une diminution des liens sociaux ainsi que du soutien qu’elles reçoivent (Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, 2020). Il est donc primordial de recourir à tous nos outils pour régler ce problème. L’utilisation des ressources communautaires, un des aspects à ne pas négliger, a été abordée dans le plan d’action interministériel en dépendance 2018-2028, avant même que la pandémie n’exacerbe les difficultés vécues par les consommateurs : « […] la contribution des partenaires intersectoriels, des organismes communautaires et des ressources communautaires ou privées offrant de l’hébergement en dépendance (RHD) est essentielle pour assurer une réponse optimale aux besoins des personnes. » (Gouvernement du Québec, 2018).

Les objectifs de cet article sont d’outiller les infirmières et infirmiers pour orienter les patients de manière optimale et de renforcer le sentiment d’efficacité ressenti par les individus faisant usage de substances. Sans oublier l’importance de créer un lien entre les milieux hospitalier et communautaire pour le bien commun des patients, des acteurs communautaires en dépendance et du personnel infirmier. 

Parmi les professionnels de la santé et autres intervenants, les infirmières et infirmiers se rangent au premier rang quant à la fréquence des contacts directs avec les patients (Barlett, Brown, Shattell & al, 2013). Le personnel infirmier occupe donc une position unique pour avoir un impact positif sur la santé des personnes faisant usage de drogues et d’alcool (Barlett, Brown, Shattell & al, 2013). Ces dernières ont tendance à vouloir quitter plus rapidement les services de santé (Monks, Topping & Newell, 2012), alors profiter d’une thérapie les aiderait à accepter de participer au traitement de manière plus durable (Barlett, Brown, Shattell & al, 2013). Des chercheurs remarquent qu’informer un patient des options offertes, même s’il n’est pas prêt à arrêter ou diminuer sa consommation, lui serait utile au moment opportun (Barlett, Brown, Shattell & al, 2013).

Par conséquent, informer une personne utilisant des substances que de multiples ressources existent dans la communauté et qu’elles seront disponibles lorsque le moment lui semblera venu est capital. Cette action peut susciter sa réflexion et peut éventuellement devenir une partie de la solution au phénomène des « portes tournantes » (Sims, Iphofen & Payne, 2003 ; Lalonde & Pinard, 2016).

Les régions des Laurentides et de Lanaudière possèdent de nombreuses ressources en dépendance qui aident grandement à la santé des individus. Bien diriger ses patients demande de connaître les options offertes par les ressources existantes et de collaborer avec elles. Les infirmières et infirmiers devraient avoir accès aux ressources en dépendance disponibles selon leur localisation (Barlett, Brown, Shattell & al, 2013).

Voici quelques ressources en dépendance dans la région de Lanaudière : le Centre Nouveau Regard, la Maison Face à l’Avenir, la Maison l’Épervier, le Pavillon Louis Cyr, les Pavillons du Nouveau Point de Vue, Travail de Rue Lavaltrie, Travail de Rue Repentigny, Uniatox, Vilavi et la Villa de la Paix. 

Dans la région des Laurentides, il y a, entre autres, le Carrefour des Femmes du Grand Lachute, le Centre Sida-Amitié, les Centres Bonséjour, l’Écluse des Laurentides, la Maison Lyse-Beauchamp, les Maisons Péladeau, le Sentier du Nouveau Jour, l’Unité Domrémy (Unité Alco-Toxico), l’Unité Toxi des Trois-Vallées et Portage.

Il est possible de contacter ces ressources par téléphone ou d’obtenir des informations sur leur site Internet. Certaines proposent de faire des présentations dans les milieux hospitaliers. 

Sans oublier la ligne téléphonique Drogue : aide et référence (DAR) ouverte en tout temps pour soutenir autant les patients que les intervenants, les AA, NA, CA et les centres de réadaptation en dépendance.

Ces acteurs communautaires ont donné quelques conseils pour faciliter la collaboration des infirmières et infirmiers, dont le plus important : mettre en contact l’usager avec les ressources le plus tôt possible avant son congé. Cela faciliterait le lien de confiance et l’organisation. En outre, il est utile de leur fournir un choix d’endroits où trouver de l’aide. Aussi, de s’assurer que l’organisme répond bien aux attentes du patient et si celui-ci répond aux critères de la ressource.

Voici des outils pour faciliter les démarches de recherche de ressources :

En conclusion, il est primordial de bien s’outiller pour mieux orienter les patients avec des problèmes de dépendance. N’hésitez pas à contacter les ressources et à vous informer sur les services offerts dans la région. 

Par Katie Rocheleau

Références 

 

Stratégie de vaccination contre la COVID-19 : report de la 2e dose en contexte de pénurie

Source : Comité sur l’immunisation du Québec. Stratégie de vaccination contre la COVID-19 : report de la 2e dose en contexte de pénurie. Institut national de santé publique du Québec. 18 décembre 2020. Repéré à 
https://www.inspq.qc.ca/publications/3103-vaccination-2e-dose-contexte-penurie-covid19 

Résumé critique

S’appuyant sur les valeurs de bienfaisance, d’égalité, de justice, d’équité et de réciprocité, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a déterminé un ordre de priorisation des groupes à vacciner contre la COVID-19 pour ses objectifs de protéger les personnes les plus vulnérables et prévenir les maladies graves et les décès, ainsi que pour prévenir la maladie et l’absentéisme chez les travailleuses et travailleurs de la santé. Considérant qu’une vaccination rapide de l’ensemble des groupes prioritaires réduirait de manière substantielle le fardeau de la COVID-19, surtout des cas sévères entraînant des hospitalisations et des décès, et considérant un contexte de pénurie de vaccins, les résultats d’une analyse fine des études de phase III des premiers vaccins autorisés au Canada (ARNm BNT162b2 de Pfizer-BioNtech et ARNm-1273 de Moderna) (Polack, Thomas, Kitchin et coll., 2020) publiées dans le New England Journal of Medecine indiquent une protection élevée (92,3 %) 14 jours après l’administration de la première dose. Malgré une incertitude sur la durée de l’efficacité d’une seule dose de vaccin et sachant notamment qu’il est peu probable que la protection conférée par une première dose se termine brusquement et rapidement, le CIQ a donc recommandé que la stratégie de vaccination contre la COVID-19 au Québec, en contexte de pénurie et de circulation du virus à un niveau élevé, soit d’offrir une 1re dose de vaccin au plus grand nombre de personnes appartenant aux six premiers groupes prioritaires. Le CIQ a aussi recommandé que soit menée une surveillance étroite, en temps quasi réel et continu, de l’efficacité du vaccin tout au long de l’année 2021 pour permettre rapidement, et au besoin, des ajustements à la stratégie de vaccination préconisée.

Comme la contribution infirmière à la vaccination massive de la population est cruciale pour contrer le plus rapidement possible la COVID-19, les connaissances sur l’efficacité vaccinale le sont tout autant, particulièrement dans le contexte actuel de pénurie de vaccins au Québec. Cet article aide à mieux comprendre la situation globale, les données scientifiques disponibles et les valeurs sur lesquelles le CIQ s’est basé pour recommander de retarder l’administration de la 2e dose de vaccin au Québec, tout en surveillant l’efficacité vaccinale en temps presque réel pour des ajustements au besoin. Cette recommandation, choix difficile dans un contexte de pénurie, vise à offrir une 1re dose à un plus grand nombre de personnes appartenant aux six premiers groupes prioritaires et ainsi à prévenir les formes graves de la COVID-19 chez un plus grand nombre de personnes à risque.

Collectivement, tout porte à croire que cette décision est la bonne, toutefois plusieurs questions demeurent. Sachant, par exemple, que les enfants et les femmes enceintes ont été exclus des études sur les nouveaux vaccins, quel calendrier de vaccination anti-COVID leur sera offert ? Aussi, les nouveaux variants de la COVID-19, virus en mutation, viendront-ils changer l’efficacité des vaccins disponibles ? Il est clair que les connaissances évoluent rapidement et que les études sur l’analyse en temps quasi réel de l’efficacité des vaccins viendront soutenir la prise de décision au fur et à mesure que les données scientifiques seront disponibles et diffusées. Bien que cette pandémie mette nos capacités humaines, scientifiques et organisationnelles sous tension, fort heureusement, cela n’empêche pas les autorités québécoises de planifier la suite pour le bien collectif, avec le soutien des données évolutives probantes.

Références complémentaires :

  • Moderna COVID-19 vaccine. Vaccines and related biological products advisory committee.
    Briefing document.
  • https://www.fda.gov/media/144434/download
  • https://www.fda.gov/media/144246/download
  • Polack, F.P., Thomas, S.J., Kitchin, N. et coll. Safety and efficacy of the BNT162b2 mRNA COVID‐19 vaccine. New England Journal of Medecine. 10 décembre 2020. En cours de publication, en impression. DOI : 10.1056/NEJMoa2034577

 

Retour sur la formation du 25 février 2021 

Le Comité du soutien aux compétences et à l’excellence de l’ORIILL a organisé une formation très appréciée par ses membres. Elle s’est déroulée le 25 février en visioconférence. L’infirmière de recherche Andrée Charbonneau a donné la formation : « Le cannabis médical pour les professionnels de la santé ». Près de 250 infirmières et infirmiers de la région ont pu ainsi découvrir des interventions adaptées aux personnes qui reçoivent un traitement de cannabis médical grâce à un plan de traitement individualisé. Les participantes et participants étaient unanimes : cette formation de 3,5 h non accréditée était tout à fait indiquée dans le contexte de leur travail.

Andrée Charbonneau
Infirmière de recherche

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